Etape 28- Boulogne-sur-mer

Publié le par Marcel



Salut à tous !

C'est dans une enveloppe complètement décachetée (!) que je suis arrivé à Boulogne-sur-Mer. Galahad, mon hôte boulonnais, s'est empressé de vérifier que je n'avais pas perdu mes bagages. Je ne m'étais aperçu de rien, comme je dormais tranquillement entre mes bulles.
Finalement tout allait bien, donc il m'a emmené faire un tour, direction le port. Comme il faisait beau ce jour-là, j'ai laissé mon béret à la maison.


On trouve toutes sortes de bateaux à Boulogne-sur-Mer, et même depuis peu un tout nouveau ferry qui fait la liaison Boulogne-Dover. Il a une très belle ligne, il est très rapide et il est un peu étonnant avec ses deux gros "vides" à l'avant de la coque. En tout cas il rend heureux les Boulonnais qui ont ainsi retrouvé une liaison transmanche directe avec l'Angleterre.


Mais Boulogne-sur-Mer, c'est surtout le premier port de pêche français en termes de vente. Je suis allé me promener sur la jetée, et j'ai vu plusieurs chalutiers prendre la mer ou rentrer au bercail. J'ai ainsi découvert la Manche, et revu la mer pour la 1ère fois depuis Cannes.


Même s'il fait un peu plus frais par ici, des tas de gens se baignent car il y a aussi une plage à Boulogne-sur-Mer, de l'autre côté de la digue.


Entre la plage et le port, on trouve des forêts de cannes à pêches, dont les propriétaires s'étonnent de voir un petit meepouic bleu se faire tant photographier. Entre la plage et le port, on trouve aussi les bâtiments de Nausicaä, Centre National de la Mer, dont les aquariums totalisent plus de 4,5 millions de litres d’eau de mer et abritent une faune riche de plus de 35 000 êtres marins.


Mais comme je n'avais pas le temps d'aller visiter, Galahad m'a plutôt emmené voir les étals des poissonniers vendant la pêche du jour, histoire de préparer notre repas du soir.
Et là, je ne l'ai pas menée bien large... Figurez-vous qu'un "homard vivant du jour", c'est drôlement impressionnant pour un petit meepouic comme moi. Surtout quand ça réagit au flash de l'appareil photo en agitant les pinces à quelques centimètres de mon pouic.


L'air marin ça ouvre l'apétit, mais ça fatigue un peu aussi, alors je croyais qu'on allait se reposer. Mais c'était mal connaître mon hôte, qui avait d'autres plans en tête...
J'ai donc été invité à une soirée-jeux de l'association Jeux'n'CO, où je me suis tout de suite senti à l'aise. C'était un peu comme chez moi, mais dans un bleu plus clair.


On y a enchaîné les parties, mais laissez-moi plutôt vous racontez les deux plus marquantes...
D'abord Maximilien m'a demandé de remplacer son traineau bleu pour une partie de Snow Tails. Une course de chiens de traineau au mois d'août, ça m'a d'abord paru difficile... Il ne fait quand même pas si froid dans le Pas-de-Calais !
Mais comme j'avais des groupies à chapeau pointu pour m'encourager, je n'ai pas hésité à me lancer dans le fameux Délirarbre.


Bon, vous voyez qu'après un début de course compliqué, je me suis retrouvé en queue de peloton à l'entrée de la seconde forêt. Heureusement Jimmy et Jérôme, traineaux rouge et vert (à eux deux, ils nous ont fait le sapin de Noël ambulant, héhéhé) se sont débrouillés pour perdre plus de temps que moi parmi les sapins.


Je suis finalement arrivé troisième, derrière Alexandra largement en tête, et Galahad, son traineau cassé (4 dégâts) et son supporter accidenté (mais c'est une autre histoire...).

Ensuite j'ai été réquisitionné pour sauver le monde, rien que ça.
Cela commence à être une habitude, mais cette fois-ci ce n'était pas des Terres du Milieu qu'il s'agissait, mais bien de notre bonne vieille planète attaquée par une Pandémie quadrichrome. Comme mon marcel est blanc, Jérôme m'a pris pour remplacer le scientifique et lutter contre pas moins de 6 cartes épidémies !
Mais bon, vous le savez, les voyages, votre célèbre Marcel, ça le connaît... Et donc j'ai sillonné le planisphère (en faisant des repérages pour mon futur tour du monde), le Moyen-Orient a été explosif, l'Asie menaçante, mais on a tout de même gagné.
Après avoir trouvé le dernier remède, Galahad s'est même payé le luxe de faire finir son expert aux opérations à Essen, tant qu'à faire.


Après une bonne nuit de repos bien méritée, je suis allé explorer la haute-ville.
Les remparts et le château qui la ceinturent constituent l'un des derniers ensembles architecturaux médiévaux de ville fortifiée encore intact en France.

Au Moyen-Age les comtes de Boulogne étaient des nobles puissants et respectés. L'un d'eux, Eustache II a envahi l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant. Son fils, Godefroy de Bouillon, fut un héros de la Première Croisade. Galahad qui est fort passionné d'histoire m'a raconté un peu trop d'autres choses alors j'ai eu du mal à tout retenir.

Sauf un truc : plus tard, un autre comte de Boulogne devint roi d'Angleterre : Etienne de Blois, c'est-à-dire le "Stephen" ou "Stephan" qu'on retrouve dans "Les Piliers de la Terre", celui qui affronte "Mathilde l'Emperesse" pendant la guerre civile anglaise du XIIe siècle.


Au coeur de la ville sur la place de la mairie, m'attendait un drôle de jardin. Ils ont appelés ça "voiture contre nature", et on y trouve des véhicules recouverts par la végétation, des sièges et banquettes arrières comme bancs publics, des amortisseurs et volants transformés en table de jardin, des "arbres à prunes" et des "arbres à papillons", une serre constituée de pare-brise, des chemins au revêtement en billes de pneus agglomérées, etc.
J'y ai croisé beaucoup de touristes étonnés et séduits (surtout les enfants), des boulonnais parfois enchantés, parfois plus sceptiques sur l'utilisation de l'argent de leurs impôts, mais moi j'ai surtout trouvé ça... très ludique !



On m'a ensuite entraîné dans une brasserie devant le beffroi, pour me faire goûter quelque chose d'inoubliable... le "Welsh" !
C'est un plat très local, d'origine britannique, et malheureusement trop peu connu, car vraiment délicieux ! Il s'agit de cheddar fondu dans de la bière (ambrée ou brune) recouvrant une tranche de pain grillé. L'occasion était trop belle, j'ai carrément pris un "welsh complet", avec tranche de jambon et oeuf au plat en plus. Le tout arrosé de Worcestershire sauce, et accompagné d'excellentes frites et d'une bonne bière. Je n'oublierai pas de si tôt un tel festin.


Pfffffiouu... Méchamment calé le Marcel après tout ça.
On a donc fait une balade digestive qui nous a mené vers "le Bazar du Bizarre", où le sympathique Greg, en vendeur expérimenté, a tout de suite repéré mes lointaines origines...


Comme le temps était suffisamment agréable en cette fin d'après-midi, je suis retourné vers le bord de mer, mais en un point situé plus en altitude, histoire d'avoir une jolie vue sur la Côte d'Opale. De là j'ai pu voir les stations balnéaires de Wimereux et d'Ambleteuse, et aussi des parapentes profitant du même paysage que moi. Le vent de la côte d'Opale attire en effet nombre d'amateurs de windsurf, char à voile, cerf-volant, etc.


C'est grâce à ce vent que le temps change vite sur la côte d'Opale, et justement, le ciel s'est dégagé encore davantage pour nous faire mieux profiter de la balade.
En s'approchant de la falaise, on a une chouette vue sur Boulogne et la mer, alors j'en ai profité pour poser avec mon pote Galahad.


De là on comprend bien pourquoi l'endroit à servi plusieurs fois à travers l'histoire de préparatifs à l'invasion de l'Angleterre. D'ailleurs on aperçoit parfois les falaises de la Perfide Albion depuis la côte du Pas-de-Calais, par grand beau temps.
Jules César avait déjà choisi l'endroit pour installer sa flotte destinée à envahir la Bretagne en 55 av JC, Napoléon Bonaparte fera de même entre 1803 et 1805 avec "l'armée des côtes de l'Océan", future "Grande Armée", mais sans succès, lui.
 
J'en ai profité pour aller voir le lieu où la toute première distribution de la Légion d'honneur s'est déroulée, le 16 août 1804... D'après ce que j'ai compris, c'est un peu comme un TT d'or mais en beaucoup moins drôle.

Encore un peu plus tard, l'endroit a encore été marqué par la guerre, et les blockhaus ont poussé comme des champignons de béton tout le long de la Côte d'Opale, tant les Allemands s'attendaient à voir les Alliés débarquer dans le Pas-de-Calais pour utiliser ses nombreux ports.


Et là, une sensation bizarre... j'ai eu comme un sentiment de déjà vu...
Allemand et placé au milieu de fortifications... Une vie antérieure ?

Hmmm, ah oui, c'est vrai, je me souviens... Carcassonne Die Erweiterung !
Pour moi c'était dans un genre très différent alors : beaucoup moins "krieg", et nettement plus "spiel" !

A propos de wargame, il aurait été dommage pour un joueur comme moi de quitter Boulogne-sur-Mer sans aller receuillir les conseils avisés d'un des plus grands stratèges de tous les temps...


Je suis d'abord tombé sur l'une des sentinelles de l'endroit. Il m'a indiqué du bout du bec le chemin à suivre pour avoir une audience.
A une cinquantaine de mètre au dessus du sol, en haut d'un insolite et colossal monument commémoratif érigé par les soldats du camp de Boulogne et appelé "la colonne de la Grande Armée" ; en habit de caporal et regardant vers l'Angleterre, l'Empereur m'attendait.


C'était quand même pas mal impressionnant, mais dans ma petite tête de meepouic, cela a conforté l'idée qu'on peut être de petite taille tout en étant un grand personnage.
Vous pensez bien, j'en ai profité pour demander à Napoléon ce qu'il pensait du "Waterloo" de Martin Wallace... Mais malheureusement, je ne peux rien vous dire, l'Empereur ne m'a pas autorisé à vous communiquer son avis sur la question.

Bon, après Vauban à Besançon et Bonaparte à Boulogne, ça, je peux vous dire que je fais de sacrés progrès en tactique et stratégie grâce à ce voyage. La classe impériale, le p'tit Marcel !

Fort de cette expérience, je suis retourné regarder la Manche moi aussi, en pensant à l'Angleterre où j'irai peut-être un jour, mais en rêvant davantage d'exploration que de conquête.


En attendant, j'ai un tour de France à finir et je suis attendu à Maisons-Alfort chez Etherion, alors je reprends la route !

A très bientôt...

Marcel

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houdini_fr 19/08/2009 11:35

Reportage somptueux !
Boulogne mérite d'être connu et Galahad l'a bien mise en avant.